ANR-DFG La Désindustrialisation en Allemagne et en France: expériences et émotions des années 1960 jusqu’à nos jours : The Unmaking of the Working Class?  DesinEE

Responsable : Emmanuel Droit

Comment les liens sociaux et politiques se reconfigurent dans des régions touchées par la désindustrialisation, souvent perçues comme terrain de dépolitisation et de montée de l’extrême droite ? L’originalité du projet DesinEE - la désindustrialisation en Allemagne et en France : expériences et émotions des années 1960 jusqu’à nos jours - réside dans le croisement entre l’histoire des émotions et les expériences économiques, socio-politiques et culturelles des ouvriers. Une méthodologie commune permet d’appréhender des terrains différents par leur type d’industrie ou la structuration salariale, notamment genrée.

ANR TROC (Terrorists Reintegration in Open Custody / Réintégration sociale des terroristes (TIS/DCSR) en milieu ouvert)

Responsable : Nicolas Amadio
 
L'objectif de cette recherche est d'étudier les freins et leviers à la réinsertion sociale des détenus pour terrorisme islamiste et des détenus de droit commun susceptibles de radicalisation (TIS/DCSR) en milieu ouvert. L'étude est centrée sur la problématique des liens entre les dimensions individuelles et collectives de leur réinsertion sociale. Elle s'inscrit dans les études sur la désistance en explorant deux hypothèses : (1) les pratiques de réinsertion en milieu ouvert des TIS/DCSR nécessitent d'identifier les questions spécifiques liées aux ajustements des interprétations et attentes entre les principaux acteurs impliqués et les demandes sociétales ; (2) la résistance individuelle et l’impact des collectifs contre la radicalisation violente sont soutenus par des dynamiques collectives et individuelles. Nous collecterons des données qualitatives, et quantitatives, à partir des pratiques professionnelles des acteurs judiciaires et associatifs; des familles et des collectifs ; ainsi que de la trajectoire des TIS/DCSR. En savoir plus

Dans le sens de la marge : vie quotidienne et droits

Responsable : Jérôme Beauchez

Ce projet se situe à l’articulation des points de vue sur les marges, les formes de récit, les déviances et les conceptions du droit qui leur sont associées. L’ambition est celle d’une analyse culturelle capable d’aller dans le sens des expériences marginales. Loin d’être univoque, ce sens varie selon les regards et leurs perspectives. C’est au cœur de cette variation que se situe l’objet de cette enquête. Ses matériaux empiriques sont composés de récits d’expérience livrés par les membres de différents groupes marginalisés (à l’exemple des punks, des routards ou des squatteurs), ainsi que d’analyses des réactions sociales suscitées par ces formes de vie en marge. L’idée est donc d’observer les processus de marginalisation sous différents angles de vue : historique, ethno(bio)graphique ou encore juridique. Au-delà des études de cas, il s’agit également de poser les prémisses d’un programme de recherche plus vaste, lequel doit déboucher sur une conception des « études culturelles » aussi inédite qu’originale.
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Tensions éthiques et récits du Covid 19 en miroir. Étude pluridisciplinaire au lycée et en Ehpad (2022-2023)

Co-responsables : Nicoletta Diasio  et Anne Danion - UMR 7117, AHP- PReST

L’objectif de cette étude soutenue par le site d’appui alsacien de l’Espace Éthique Grand Est, est d’explorer la manière dont deux populations souvent opposées dans les débats publics - les élèves de lycée et leurs enseignants et des personnes résidentes en EHPAD et leurs soignant.e.s - ont été confrontées à des « frottements » éthiques lors de la pandémie de COVID 19 : entre liberté et contrainte, entre performance et accommodement aux limites imposées, entre peur et confiance. A travers ce retour réflexif et la mise en récit des souvenirs des deux confinements (printemps 2020 et automne-hiver 2020-2021), il s’agira alors de comprendre comment nos interlocutrices et interlocuteurs ont fait face à ces tensions et tiraillements.

Le traitement social et les systèmes de représentation du handicap en Haïti

Responsables : Aggée Célestin Lomo Myazhiom et Frédéric Reichhart

L’étude, structurée autour de la construction sociale du handicap en Haïti, ouvre la voie à un champ peu visité et traité, manquant de données scientifiques et d’études. Son objectif est d’analyser et de comprendre comment s’élaborent les représentations du handicap, et quels sont les fondements idéologiques et épistémologiques qui les sous-tendent. Dans une perspective qualitative (socio-anthropologie compréhensive), l’étude s’appuie sur des données recueillies à l’aide de récits de vie, de l’observation participante et d’entretiens semi-directifs auprès de personnes handicapées, de leur famille et de leur réseau de sociabilité de proximité (voisins, collègues de travail, école, pratiques de loisirs, etc.) ainsi que de ressources institutionnelles et associatives (institutions publiques, ONG, associations et autres). Privilégiant une démarche participative, elle mobilise des acteurs haïtiens de la société civile (à savoir des associations d’auto-support et des fédérations nationales œuvrant dans le champ du handicap), un acteur politique (le Bureau du Secrétaire d’État à l’intégration des personnes handicapées - BSEIPH) ainsi que des universités haïtiennes.
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IUF Senior Grandir avec une maladie chronique : vers une anthropologie de l’incertitude

Responsable : Nicoletta Diasio

Qu’est-ce que grandir avec une maladie chronique ? Comment se modifient le rapport  à soi et au corps qui change, les identifications d’âge et de genre, les relations avec les autres ? Jauger, encadrer, classer constituent le lot des spécialistes de l’enfance, mais qu’en est-il quand les enfants eux-mêmes doivent se mesurer, se contrôler, s’administrer des médicaments, interpréter leurs sensations suite à une affection de longue durée? Grâce à une recherche anthropologique auprès de jeunes de 9 à 19 ans atteints de diabète de type 1 ou du syndrome de Turner, nous poursuivrons notre réflexion sur le gouvernement de l’incertitude et sur les manières qu’ont les individus et les sociétés d’accompagner l’instabilité corporelle, l’imprédictibilité du temps, les passages biologiques et sociaux.
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IdEx « Attractivité » : Police, justice et homosexualités en France et en Allemagne après 1945

Responsable : Jérémie Gauthier

La recherche « Police, justice et homosexualités en France et en Allemagne après 1945 » analyse les évolutions du traitement de l’homosexualité par la police et la justice pénale en France et en Allemagne : quelle a été la nature de la répression des homosexuel.le.s et de leurs lieux de sociabilité ? Dans quelles conditions s’est réalisé le passage de la répression de l’homosexualité à celle de l’homophobie ? Quelle est la condition actuelle des policier.e.s LGBT+ ? Dans quelle mesure l’évolution du contrôle des sexualités a-t-elle reconfiguré les autres formes d’appartenances minoritaires (socioraciales et genrée) ? Fondée sur des recherches en archives, sur des entretiens et sur une analyse statistique des condamnations pénales, la recherche s’organise autour des trois axes suivants :
Axe 1 : Répressions pénale et policière de l’homosexualité de l’Après-guerre aux années 1980
Axe 2 : De la dépénalisation à la « lutte contre l’homophobie » à partir des années 1980
Axe 3 : Mobilisations, trajectoires et condition professionnelle des policiers et policières LGBT

 

Idex "Attractivité" : Faire « l’ombudsman » en France, en Autriche et en Allemagne. Une sociologie comparative de la justice administrative

Responsable : Axel Pohn-Weidinger

Sur fond d’une actualité sociale et politique où se posent avec une acuité renouvelée des questions de justice administrative, comme l’accessibilité ou la continuité des services publics, ce projet propose d’étudier, en France, en Autriche et en Allemagne, les interactions entre l’ombudsman (un organisme public chargé de traiter des plaintes concernant l’administration publique, dénommé Défenseur des droits en France) et les administré·e·s. Je m’intéresse aux trajectoires de production des plaintes, de leur formulation par les intéressé·e·s à leur traitement par l’ombudsman et ses services, pour comprendre la façon dont logiques biographiques, organisationnelles, juridiques et politiques agissent à l’intérieur de celles-ci. L’objectif du projet est d’analyser, de manière comparative, comment différentes conceptions de justice administrative émergent – ou non – de l’enchaînement d’actions qui constituent une plainte à l’ombudsman, en fonction de la structuration institutionnelle et historique des contextes enquêtés.

Idex "Attractivité" : PERSCILITT. La formation de la personnalité au prisme de la division sciences / lettres

Responsable : Rémi Sinthon

Dans nos sociétés, le capital culturel acquis en famille et à l’école façonne puissamment les manières d’être individuelles. Ce capital émane des institutions académiques, dont l’une des divisions les plus anciennes et structurantes est celle qui sépare les lettres des sciences. Ces constats, fermement établis, amènent à prévoir un véritable pouvoir socialisateur de cette division entre lettres et sciences, chez les individus qui y ont été exposés. Chercher à savoir à quel degré il existe bien à l’âge adulte – et hors du monde académique – des dispositions proprement littéraires et proprement scientifiques qui ne se réduisent pas à des dispositions genrées ou de classe, c’est donc non seulement combler un manque dans la connaissance des grandes structures historiques qui gouvernent les perceptions, les représentations et les conduites, mais également éprouver la force prédictive des sciences sociales à travers une hypothèse non encore vérifiée mais nettement suggérée par la théorie existante. C’est à ces tâches et à leurs implications que s’attèlent les membres de l’équipe PerSciLitt.